Les mouvements sociaux en Afrique de l’EstLes mouvements sociaux, d’après Sydney Tarrow , émergent lorsqu’un ensemble de personnes ordinaires profitent d’une transformation des « opportunités et des contraintes politiques » pour s’engager dans des «actions collectives conflictuelles » contre une élite puissante, en utilisant des « répertoires connus d’action » et en s’appuyant sur divers réseaux sociaux et cadres culturels. Ces actions collectives conflictuelles peuvent selon lui être brèves ou durables, institutionnalisées ou spontanées, routinières ou spectaculaires. Toutefois, Sydney Tarrow ne parvient pas, selon nous, à fournir une explication convaincante des raisons pour lesquelles ces personnes ordinaires se manifestent soudainement et s’insurgent contre des adversaires plus puissants, sachant pertinemment bien que les opportunités pour mener ce type d’actions collectives conflictuelles sont en Afrique limitées et que des formes violentes de répression seront, dans la plupart des cas, plus que probablement utilisées.
Les ONG et les mouvements sociaux en Asie du Sud-EstPendant les années 1980 et jusqu’au début des années 1990, les pays du Sud-Est asiatique furent marqués par une croissance économique rapide. Et cette croissance était surtout portée au crédit d’États considérés à la foi comme agent de développement et comme élève modèle de la mondialisation néolibérale, car adoptant des politiques de libéralisation économique, de déréglementation et de privatisation. Toutefois, suite à la crise économique des années 1997-1998, ce modèle fut remis en question et prit l’eau de toute part. En cause notamment, les mesures d’ajustement structurel que certains de ces pays ont été contraints d’adopter pour pouvoir bénéficier de l’aide financière du Fonds monétaire international (FMI). La croissance qui avait précédé cette dépression financière avait néanmoins déjà transformé les sociétés du Sud-Est asiatique, ne serait-ce qu’en renforçant leurs classes moyennes et en provoquant une effervescence politique réelle. En dépit d’un strict contrôle des libertés individuelles et d’une répugnance à partager le pouvoir avec la société civile, certaines pratiques politiques « démocratiques » ont en effet vu (ou revu) le jour avant et au sortir de la crise financière de 1997-1998.
Les mouvements sociaux et le gouvernement Lula : nouvelles opportunités d'expression mais report des satisfactionsL’accession de Lula à la présidence du Brésil a été vécue par des millions de personnes comme un tournant décisif dans la trajectoire du pays. Elle semblait consacrer, pour la première fois dans l'histoire du sous-continent, la victoire, au plus haut niveau politique, des secteurs populaires sur les élites habituées jusque là à monopoliser toutes les sphères institutionnelles du pouvoir.


